Dédicace à Bazas

Le week-end dernier, je suis de nouveau repartie sur les routes à la rencontre de mes lecteurs.

Après un court (mais intense) voyage en ex-RDA, c’est non sans un certain plaisir que j’ai pris la route du sud. Bazas est une commune située à 59 kilomètres au sud-est de Bordeaux. Ce 9 juin, je pars donc à la découverte de la ville et de ses habitants car j’ai la chance de participer au 20e festival du Livre. Je suis à 120 km/h sur l’autoroute. Je roule tranquillement en chantant à tue-tête (comme une casserole) des tubes de Michel -Delpech, Sardou, Fugain, Polnareff -. (À ceux qui voudraient dire quelque chose sur ce choix musical, je réponds que c’est intemporel). Les six cent et quelques kilomètres qui séparent Bazas de mon domicile s’étirent pépère lorsqu’arrive la première déconvenue du week-end (il n’y en aura que deux) : un véhicule bleu marine planqué sur une route de service avec deux gendarmes dedans, équipés au complet. Pas de bol. Surtout quand ça arrive au seul moment où j’appuie comme une folle sur le champignon pour doubler dans une descente un énorme poids lourd entraîné par sa charge. Je suis rattrapée quelques kilomètres plus loin par deux motards. Il paraît que je roulais à 162 ! Je réponds que c’est impossible. Ma nouvelle Titine (voir article sur mes histoires de Titine ici) est certes plus puissante que mon ancienne Titine mais ne peut sûrement pas supporter une telle vitesse… quoique… il y avait la descente. Que dire ? Que faire ? Ah, il est loin le temps où belle, jeune et fraîche je pouvais espérer corrompre le fonctionnaire de service. Fini le temps du petit sourire en coin qui en dit long et de l’oeil aguicheur. La sauce ne prend plus. Désormais le fonctionnaire me donne du Madame et me parle sèchement. C’est dans ces moments-là que je me dis que c’est moche de vieillir. Mais tout n’est pas complètement noir car j’ai tous mes papiers d’identité sur moi, et même mon permis (la plupart du temps ils sont dans un autre sac, resté à la maison) et ça, c’est de nombreux ennuis en moins. Je prétexte le camion qui allait vite, la descente, la difficulté à le doubler et le véhicule derrière moi empêchant toute possibilité de me rabattre. J’explique que je ne fais jamais d’excès de vitesse, que je suis réputée pour ma lenteur au volant. Le gendarme me répond qu’on dit tous la même chose. Ben oui, mais moi c’est vrai (et c’est vrai en plus !) Autant pisser dans un violon, l’homme reste hermétique. Intérieurement je ronchonne. Je me dis qu’il faut être sacrément vicieux pour se planquer dans un recoin juste dans la descente. Et là le type se met à s’énerver d’un coup. Non ? J’ai parlé à voix haute ? C’est pas possible ! Mince alors. Je vous assure Monsieur que je n’avais pas l’intention de le dire… Je l’ai pensé oui c’est vrai mais je n’av… Oui… D’accord… Oui… Excusez-moi… Bon… Oui… Très bien… Lire la suite