Un texte écrit à 17 ans

Je souhaite partager avec vous un texte que j’ai écrit en 1986, à 17 ans. L’évènement que j’évoque (et qui est véridique de bout en bout) m’est arrivé en 1983 alors que j’avais 14 ans.  Cet évènement m’a profondément bouleversée. Je pense même qu’il a changé mon regard sur certaines choses de la vie. Je vous remercie d’avance pour votre indulgence sur la forme. Le texte, que j’ai dû entièrement taper car je n’avais qu’une version papier, est laissé tel quel, et est très inégal en qualité. J’ai simplement corrigé quelques fautes et rajouté des virgules car, visiblement, je ne connaissais pas la ponctuation. Ci-dessous le texte.

Madame Maysan

Plusieurs fois par jour, j’aperçois par la fenêtre de ma chambre le squelette sans âme de ma voisine qui déambule dans son appartement. Je n’oublie pas qu’elle m’a sauvée de la colère paternelle, un jour, il y a longtemps, grâce à son bout de carton découpé aux dimensions de ma vitre brisée. Les années ont passé. J’ai grandi, elle a vieilli, et elle souffre d’anorexie mentale. D’après les voisines, elle ne pèse plus que trente-quatre kilos. Elle ne mange qu’une fois par semaine lorsque sa fille vient la voir.
J’ai l’impression d’assister à un assassinat. Tout le monde sait qu’elle n’en a plus pour longtemps, personne ne fait rien. On regarde le phénomène de sa fenêtre mais la folie fait peur, alors traverser une cour ou monter quelques marches pour aider une femme en détresse, c’est trop difficile. Surtout qu’après tout, Madame Maysan, on ne la connait pas. Une telle dira qu’elle allait au marché avec elle tous les samedis mais qu’au fond, elle ne l’a jamais appréciée ! L’autre clamera que son chien n’a jamais été aussi perturbé que depuis que Madame Maysan l’a gardé, sorti et nourri pendant ses vacances ! Certains humains sont lâches mais moi, je ne veux surtout pas être complice de la mort. Lire la suite