Hier, je suis allée chez le coiffeur…

Là n’est pas le sujet. Tout le monde se fiche royalement de ce que je fais de mes cheveux (et c’est tant mieux) mais je suis obligée de vous dire cela pour vous raconter ce qui va suivre. Ces derniers temps, je me suis beaucoup vue en photo et en vidéo, et je vous avoue que je ne suis pas habituée à me voir autant. Je suis une personne capable de me promener dans la rue avec un grand trait de stylo sur le front parce que j’ai oublié de jeter un œil au miroir avant de sortir, c’est vous dire si je suis amoureuse de mon reflet ! Toutes ces visions de moi-même m’ont amenée à certains constats sans appel sur mon physique (mais qu’on ne s’y trompe pas, malgré mes nombreux défauts, je n’ai aucun complexe et je suis très bien dans ma peau). Un de ces constats était le suivant : mes cheveux ressemblent à des asperges sucées. Pour ceux qui n’ont jamais sucé d’asperges cela veut dire qu’ils sont filasse, fins, abîmés, plats… bref, affreux ! C’est tout naturellement que je me suis rendue chez le coiffeur pour me débarrasser vite fait bien fait de ces plantes potagères qui n’avaient rien à faire sur ma tête.

Hier donc, je me suis fait faire une permanente. J’ai demandé à la coiffeuse de la faire la plus serrée possible pour avoir un maximum de volume et c’est ce qu’elle a fait. Je suis frisée comme une salade ! Après un petit temps d’adaptation, je m’estime satisfaite du résultat même si le coiffeur n’est pas un faiseur de miracle, et que hélas, je ne suis pas ressortie pourvue de cheveux supplémentaires. Quelques jours plus tôt, j’avais prévenu mon mari, mais vous savez comment ça se passe… ça rentre par une oreille et ça ressort par l’autre (et encore quand ça rentre !) donc ça n’a pas loupé. Quand il est rentré du boulot hier soir et qu’il m’a vue, il a poussé un long cri aigu de bête blessée (un peu comme un animal dont la patte se prendrait dans un piège à loup, vous voyez) et s’est écrié très inquiet :
– Chérie ! Qu’est-ce qui est arrivé à tes cheveux ? Comme si j’avais essayé d’attenter à ma vie en les mettant dans un moule à gaufres.
– Je me suis fait faire une permanente, ai-je répondu très calmement.
– Et ça va durer combien de temps ?
– Euh… comme son nom l’indique, c’est permanent.
J’ai vu passer dans ses yeux une lueur de panique. Et j’ai entendu la phrase qu’il n’a pas prononcé « Mon Dieu non, c’est pas possible ! ». Il a quand même voulu s’assurer avoir bien compris.
– Mais… permanent… ça veut dire que…
– Qu’il faut attendre que ça repousse…
Il a baissé tristement la tête et ses épaules se sont affaissées. Il m’a fait penser à un petit garçon dont on aurait cassé le jouet. Pour un peu, il m’aurait presque fait de la peine. S’il avait insisté, je lui aurais fait remarquer qu’il y avait fort, fort longtemps, j’avais rencontré un homme avec une tignasse de rêve à la Richard Gere et qu’aujourd’hui, tant et tant d’années après, je me retrouvais avec un crâne d’œuf sur lequel plus aucun légume ne risquait de pousser, alors qu’une salade frisée, c’était peut-être mieux que rien. Mais mon mari est un homme intelligent et intuitif. Parfois, il sent exactement le moment où il faut s’arrêter.
Plus tard dans la soirée, il n’a plus rien dit à ce sujet, à part « C’est très frisé tout de même ! » Pour clore la discussion, je lui ai répondu que si cela avait été possible, j’aurai voulu que ce soit plus frisé encore, et que le plus important, c’était que cela me plaise à moi. Et voilà. Aujourd’hui mon mari m’aime autant qu’avant-hier et peut-être même moins que demain parce qu’on est ensemble depuis si longtemps que ce n’est pas une salade (ni un crâne d’œuf) qui entraînera un divorce.

Tout ça pour dire, et là je m’adresse plus particulièrement à vous Mesdames, ne vous préoccupez pas tant de ce que pense votre mari. Faites ce dont vous avez envie. Faites ce qui vous démange. Achetez ce chemisier vert même si Monsieur déteste cette couleur, coupez vos cheveux même si Monsieur n’aime pas les cheveux courts, teintez-vous en brune même si Monsieur n’aime que les blondes… C’est votre corps. C’est vous. C’est le regard que vous portez sur vous-même qui est le plus important. Il ne faut pas se contenter d’exister dans le regard de l’autre. Enfin… c’est seulement mon avis de petite fourmi.

Pour ceux qui seront vers Dieppe, j’y serai demain (5 avril) en dédicace. Le sourire aux lèvres et la salade sur la tête !

2 commentaires sur “Hier, je suis allée chez le coiffeur…

  1. Merci pour ce post qui reflète tant la réalité, ma réalité! J ai bien ri en le lisant et me fais la promesse de tenter d inverser la tendance, faire ce qui me plaît sans me soucier du regard de l autre, et des autres. Bonne continuation en écriture, ce que j ai lu est un bijou!

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