La nuit, je mens de Cathy Galliègue

Mathilde est en couple avec Gaspard, un homme  idéal, qu’elle pense être celui de sa vie, mais Guillaume, son premier amour décédé quelques temps plus tôt refait surface la nuit, dans ses rêves. Dès lors, Mathilde se cherche : où est sa vie ? Dans le regret d’un amour défunt ou dans le présent qui lui tend les bras ? Mathilde tangue dangereusement entre rêve et réalité jusqu’à se perdre aux confins de la folie.

Cathy Galliègue est écrivain mais sans doute aussi une poétesse tant elle maîtrise l’art de manipuler les mots et de les assembler. Elle sait choisir ceux qui sonnent juste. Ceux qui font voyager. Ceux qui touchent. Pas de doute, la qualité littéraire est au rendez-vous mais pas seulement. L’héroïne, Mathilde, est une femme, profondément femme, presque féline, animale. Impossible de rester insensible à son charme, à sa sensualité. Les autres personnages sont intéressants aussi. La soeur jumelle de prime abord détestable, la belle-mère bienveillante et généreuse, Guillaume le torturé, sans oublier Gaspard (dont toute femme aimerait bien croiser la route). La capacité de Cathy Galliègue à créer des images, des instantanés qui font écho en nous, est impressionnante. J’ai aimé la façon dont l’auteur décortique les rapports humains. J’ai aimé la façon dont elle aime l’amour et dont elle en parle :

« Les mains appuyées sur la balustrade de pierre, il était là, torse et pieds nus, en jeans, humant l’horizon bleu, certainement perdu dans des souvenirs n’appartenant qu’à lui. Surtout, qu’il ne se retourne pas. Qu’il reste là. Que je continue à le regarder sans m’approcher, résister encore un peu à l’appel de son large. Il savait bien que je ne m’étais pas assoupie sur le grand lit. Il sentait mon regard posé sur lui, je suis sûre qu’il souriait de se savoir désiré. Allongée sur le flanc, la tête posée sur mon bras, la jupe volontairement remontée à mi-cuisses, je ne bougeais pas, j’étais la femme derrière la silhouette de l’homme dans le vent léger. »

La nuit, je mens est un (premier) roman sur les relations amoureuses qui se lit d’une traite. Les mots coulent comme l’eau d’une source et on referme déjà le livre, ébloui et repu de jolies paroles.

Mathilde, un jour, confie à Gaspard  « J’aimerais tellement écrire un beau livre, tu sais… ». Eh bien Cathy Galliègue l’a fait. Bravo.

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