L’histoire de Pascal

Le mois dernier, vous avez été nombreuses (il n’y a eu que des femmes) sur les réseaux sociaux à me demander une suite à L’histoire de Véronique. La voici. Je vous raconte L’histoire de Pascal (son ex-mari). Cette nouvelle peut-être lue de manière isolée mais pour ceux qui souhaitent lire d’abord L’histoire de Véronique, c’est ici !  Bonne lecture.

Pascal boutonna sa parka et rabattit la capuche sur son crâne dégarni. Bon sang ce qu’il avait froid ! Déjà presque vingt minutes qu’il battait le pavé entre le stand de poupées en bois et celui de bijoux en cuir. C’était là qu’il avait perdu Marion, alors il ne devait pas bouger. Elle allait bien revenir sur ses pas à un moment ou à un autre. S’il se mettait à la chercher il ne la retrouverait jamais. Ce marché de Noël lui sortait par les yeux ! Où donc était-elle passée ? Trois fois il avait essayé de l’appeler sur son portable mais il tombait toujours sur la messagerie. À coup sûr, elle était encore en panne de batterie. Comment se débrouillait-elle pour systématiquement oublier de recharger son téléphone ? Il ne comprendrait jamais. Cela n’arrivait pas avec son ex-femme. Il fouilla ses souvenirs mais ne put se rappeler un moment où Véronique ne fut pas joignable. Tiens d’ailleurs, il faudrait qu’il l’appelle pour lui souhaiter un joyeux Noël. Pascal se fit la réflexion que Véronique revenait fréquemment dans ses pensées ces derniers temps. Était-ce un signe de lassitude vis-à-vis de Marion ? Possible. De plus en plus souvent, il aspirait à un peu de quiétude et de repos mais la jeunesse de Marion, sa vivacité, son dynamisme, ne le permettait pas. Trente ans d’écart, ça creuse la différence. Lire la suite

Le café renversé

J’inaugure cette toute nouvelle rubrique « Souvenirs de lectures » avec un moment assez cocasse, un souvenir truculent dans ma vie de fourmi.

En 1997, j’ai fait partie du jury du Grand Prix des Lectrices de Elle. Cette expérience s’étant avérée intéressante et riche d’enseignements, c’est donc tout naturellement que quelques mois plus tard, au printemps 98, je tente ma chance en répondant à une annonce du magazine DS (aujourd’hui disparu) stipulant : Écrivez à la rubrique « Lire » pour nous confier vos goûts en littérature. Vous serez peut-être choisie pour faire la critique d’un nouveau livre et rencontrer son auteur.

Et bingo, je suis retenue ! Rapidement, je reçois par courrier le livre dont je dois faire la critique. Un assez gros volume édité par Albin Michel : La fin du monde d’Olivier et Patrick Poivre d’Arvor. La tuile ! La fin du monde, ça c’est clair ! Lire les frères Poivre d’Arvor, pas de souci. Avec plaisir même. Mais les rencontrer et me livrer à une sorte d’interview ? Pitié ! Je ne suis pas journaliste et me retrouver face à PPDA qui a interviewé les plus grands de ce monde… Hélas, quand le lait (le vin ?) est tiré il faut le boire. J’ai postulé. Je dois assumer. Je lis donc le livre. Je découvre un roman satirique qui évoque les médias et le milieu de l’édition. Un roman pas mal du tout et assez prenant mais quelles questions poser ? Comment on fait une interview ? Que dire ?

Lire la suite

Oui, je vis au pays de Mickey !

mickey

Il y a quelques années (presque dix ans en fait), j’ai eu l’occasion de suivre une formation de Home Staging. Nous étions une petite vingtaine de décoratrices d’intérieur réunies dans une salle de classe, toutes à la recherche du même but : pouvoir proposer cette prestation à nos clients. Durant ces trois jours, je me suis rapprochée d’une consœur qui semblait ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot (c’était loin d’être le cas de toutes). Elle avait l’air bosseuse, elle posait les bonnes questions, elle avait l’air pro. Tout à fait le genre de femme avec laquelle un partenariat semblait intéressant. Je parle bien de partenariat car rien chez elle ne m’aurait donné envie d’être sa copine. Assez hautaine. Superficielle. Une tendance à faire des sourires par-devant et dézinguer par-derrière. Bref, une morue. En revanche, je l’imaginais très à l’aise avec la clientèle et c’est ce qui me paraissait important. Il faut savoir que lorsqu’on est travailleur indépendant, on passe autant de temps à trouver de nouveaux clients qu’à effectuer les prestations qu’on a vendues. Son secteur à elle, c’était Paris intra-muros uniquement. Moi le 78, 91, 92. Il n’empêche que j’avais quand même des demandes hors secteur. Elle aussi. Pour éviter de perdre des prospects, j’avais proposé à cette fille de lui renvoyer mes demandes sur Paris. En échange elle me passerait celles qu’elle recevait sur mes départements. Cela me semblait être un système gagnant/gagnant. Je me souviens encore de sa réaction totalement incompréhensible.

Lire la suite