J’ai un nouvel ami grâce à David Foenkinos !

nouvel-ami-david-foenkinos
Il y a une dizaine de jours, j’ai fait la connaissance d’un homme formidable. J’ai rencontré quelqu’un qui, je le sais déjà, va devenir un véritable ami. Il s’appelle Frédéric Koskas. Il est écrivain. Il est plus jeune que moi et plus talentueux aussi (eh, lui est édité chez Grasset !) Je connais Frédéric depuis peu, et pourtant je sais qu’il va m’être d’un soutien très précieux dans les mois à venir. Ce n’est pas le genre d’homme à me laisser tomber. Notre rencontre s’est faite par l’intermédiaire de David Foenkinos dont l’inspiration foisonnante a couché Frédéric dans les pages de son roman « Le mystère Henri Pick ».

le-mystere-henri-pick

Avez-vous lu ce livre ? L’histoire se déroule en Bretagne où un bibliothécaire a eu l’idée de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Parmi tous les manuscrits, une jeune éditrice (la compagne de Frédéric Koskas) découvre un chef-d’œuvre écrit par un certain Henri Pick. Elle va donc partir à la recherche de cet écrivain. Je ne vous en dis pas plus car je préfère vous laisser découvrir la suite. C’est une lecture jubilatoire. L’histoire est très divertissante. La prose de David Foenkinos est truculente. Quand j’ai entamé la lecture de ce roman, je savais à l’avance que j’allais passer un bon moment. David Foenkinos, dans ma tête, c’est une valeur sûre. Même si je n’ai pas encore lu tous ses romans, ouvrir un Foenkinos, c’est pour moi la promesse d’un instant délectable, quel que soit le sujet… Mais revenons à Frédéric Koskas. Frédéric a écrit un premier roman qui a malheureusement rejoint la bibliothèque des invisibles. C’est une bibliothèque imaginaire qui rassemble les livres publiés dont personne ne parle (donc différente de la bibliothèque où se trouve le manuscrit de Pick, qui elle, rassemble les livres refusés donc même pas publiés). Autrement dit, le premier roman de Frédéric Koskas a fait un flop. Le bide total ou presque. Il en a vendu environ 1200 exemplaires, en comptant sa famille, ses amis, et les livres qu’il a achetés lui-même pour les offrir. Entre nous soit dit, il a quand même beaucoup de chance de compter autant de monde autour de lui, car pour ma part si l’on rassemblait tous ceux qui m’entourent (famille, amis, connaissances et voisins inclus) on n’atteindrait même pas les trois chiffres.
Si Frédéric est devenu mon ami, c’est grâce à son vécu. Il est toujours difficile d’expliquer pourquoi on se lie avec quelqu’un, comment les fils de l’amitié se tissent, mais je crois que dans notre cas, c’est le fait qu’il m’ait fait part de son expérience de l’échec. Alors que mon premier roman sera bientôt publié (le 1er février) et que statistiquement il y a de fortes chances que je rejoigne moi aussi la bibliothèque des invisibles (même si ceux qui me suivent savent que mon optimisme est démesuré) eh bien je sais désormais que je ne serai pas seule. Frédéric sera avec moi. Le moment venu, il sera mon soutien. Un petit ange gardien assis sur mon épaule. Il chuchotera à mon oreille. « T’inquiète pas… Moi aussi, ça m’est arrivé… Oui c’est dur de voir tes espérances se fracasser contre la réalité… Moi aussi j’ai vécu ça… Ne te désespère pas… ». Et quand je croiserai par hasard une vieille connaissance et qu’elle s’étonnera de savoir que j’ai publié un roman, je penserai à mon nouvel ami et à la situation encore pire qu’il a vécue. Il a croisé son ex-compagne dans la rue (une femme avec laquelle il a vécu trois années et dont il se rappelle même l’odeur des aisselles (formidable Foenkinos !) et, surprise, elle lui a dit « Ah bon ? Tu as publié un roman ? » Est-ce que vous pouvez imaginer comme c’est terrible ? C’est pour ça que Frédéric va me donner du courage et me protéger de la pluie. Vivre les mêmes situations, ça rapproche.

Bon, j’imagine ce que certains se disent. Cette femme est folle ! Frédéric Koskas n’existe pas. C’est juste un personnage de roman. Pas d’accord. J’ai toujours pensé qu’à partir du moment où un personnage existe dans l’imaginaire de quelqu’un (ne serait-ce que de son créateur) alors il existe. Et que dire quand un personnage est présent dans l’imaginaire collectif ? Alors là, il est encore plus vivant que Monsieur Tartempion. Un personnage de roman peut être un héros, un antihéros, un exemple à suivre (ou à ne pas suivre)… ou un ami. Prenons l’exemple d’Henri Pick. Henri Pick existe pour son auteur mais aussi pour les milliers (millions ?) de lecteurs qui ont lu son histoire. Il existe plus sûrement que Monsieur Tartempion qui habite au fin fond de la Creuse dans le village de Triffouillis et que personne ne connaît. Et puis… « La vie possède une dimension intérieure, avec des histoires qui n’ont pas d’incarnation dans la réalité mais qui pourtant sont vécues ». Ce n’est pas moi qui le dis. C’est David Foenkinos.

N'hésitez pas à donner votre avis sur ce texte !