L’émotion intacte

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Enfin ! Je suis allée voir l’exposition « L’intensité d’un regard » sur Paula Modersohn-Becker qui est actuellement visible au MAM (Musée d’Art Moderne de Paris). Ceux qui suivent ce blog savent que je souhaitais y aller depuis que j’ai lu, il y a quelques mois, le livre de Marie Darrieussecq : Être ici est une splendeur.
Voilà c’est chose faite.

Le livre m’avait émue car je m’étais sentie proche de la peintre allemande (dont je n’avais jamais entendu parler avant que je ne la découvre grâce à Darrieussecq). Il m’avait semblé qu’elle et moi partagions une vision commune quant à la place de la création dans une vie de femme. Sa triste fin, à l’âge de 31 ans, alors qu’il lui restait encore tant à accomplir, m’était apparue comme une terrible tragédie. Je m’étais demandé si j’allais retrouver la même émotion au travers de l’exposition.

La réponse est oui.
Certains tableaux sont jolis, féminins et délicats. D’autres plus durs, plus bruts, notamment celui d’une petite fille nue et maigre. Je n’y connais rien en peinture (ou si peu) mais j’ai tout de même pris du plaisir avec l’esthétisme des couleurs et des formes (les fameuses mains en tulipe évoquées par Marie Darrieussecq).

Voici deux tableaux que j’aime tout particulièrement :

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Nature morte au bocal de poissons rouges.

20160717_102945Autoportrait au sixième anniversaire de mariage.

Paula Modersohn-Becker m’est apparue au travers de l’exposition, tout comme dans le livre, comme une femme qui voulait à tout prix conquérir sa liberté. Une féministe peut-être. C’était une précurseure, la première femme à peindre des autoportraits nus. Elle adorait Paris où elle venait puiser son inspiration (d’ailleurs on reconnaît bien dans l’exposition ses différentes influences).

L’émotion ressentie à la lecture du livre, c’est à la fin de l’exposition que je l’ai retrouvée, lors de la présentation d’un film d’une vingtaine de minutes sur les quatre séjours de Paula à Paris. Le documentaire se termine par ce mot : schade. Dommage en allemand. C’est le dernier mot prononcé par l’artiste (la femme, la mère) avant de mourir. Oui, dommage vraiment. Paula Modersohn-Becker aurait dû vivre plus longtemps.

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