Alors voilà, il est arrivé…

Silhouette woman practicing yoga posing on beach at sunset

… le coup de téléphone que j’attendais comme le messie. Un après-midi comme les autres, mon portable a sonné. Mon interlocuteur s’est présenté (éditions Terra Nova) et m’a annoncé qu’il souhaitait me publier. La suite, je ne l’ai pas bien comprise. Cette phrase « nous souhaitons vous publier » a mis longtemps à être digérée par mon cerveau et pendant que je m’évertuais à essayer de la comprendre plus vite, la conversation s’est poursuivie presque indépendamment de moi. Après avoir raccroché je me suis même demandé si ce coup de fil je ne l’avais pas inventé, si ce n’était pas une mauvaise farce de mon imagination. Un mail est venu me confirmer que non, je n’avais pas rêvé.

Tous les auteurs qui veulent se faire publier vont comprendre ma réaction (et tant pis si pour les autres je passe pour une folle). J’ai hurlé (cri suraigu comme seules les femmes savent en produire), j’ai dansé la gigue en me vautrant deux fois par terre, j’ai fait tourner mon chat à bout de bras en manquant de l’estourbir contre un mur, j’ai chanté, et j’ai encore hurlé, j’ai débouché une bouteille de cidre (faute de champagne) que j’ai bue au goulot tout en continuant à gigoter comme Beyoncé (la bouteille de cidre s’étant transformée en micro). Bref. J’ai vécu toute cette dernière semaine sur une sorte de petit nuage d’excitation joyeuse.

Je commence à redescendre et c’est tant mieux parce qu’il faut que je redescende. Pourquoi ?

1/ D’abord parce que l’éditeur m’a demandé des corrections. Je dois modifier la première partie de mon roman (pas sur le fond – ouf ! je ne touche pas à mon histoire – mais sur la forme). Au téléphone, il m’a demandé si j’acceptais d’apporter ces modifications. Cette question m’a paru incongrue. Il existe vraiment des auteurs inconnus qui refusent d’améliorer leurs manuscrits ? (Apparemment il faut croire que oui). Donc je dois retrouver la concentration nécessaire pour faire ces changements.

2/ Parce qu’il faut que je garde la tête froide. Cette deuxième étape (la première étape étant la rédaction de mon roman) me remplit de joie mais ce n’est que la deuxième marche d’un escalier immense. Je ne suis qu’une petite fourmi et la route va encore être très longue et très ardue pour atteindre mon rêve (voir mes posts précédents relatifs à mon odyssée). Maintenant il faut que le livre se vende. Un écrivain n’existe qu’à partir du moment où il est lu. D’ailleurs, je trouve plus important d’être lue que de trouver un éditeur. L’idéal bien sûr étant d’avoir un bon éditeur qui trouvera le lectorat. Aujourd’hui, pour certains auteurs, un éditeur n’est plus forcément utile. Il y a l’autoédition. Il est  vrai que cela devient une alternative de plus en plus valable. Encore faut-il savoir se démarquer des autres et savoir se constituer un réseau dans cette jungle, car là aussi, il y a foule. Étant inconnue, mon livre ne sera pas en tête de gondole des librairies. Je vais être noyée parmi un océan d’autres auteurs. On trouvera mon livre sur commande et sans doute même pas en rayon. Si je dois faire des dédicaces (ce n’est pas sûr du tout), je risque de faire le plancton entre la foire au boudin et la fête du brie (bon j’exagère peut-être mais vous voyez ce que je veux dire). Faire publier mon second roman (à condition que j’arrive à l’écrire) sera sans doute aussi incertain et difficile que le premier. Voilà le tableau. Ce n’est pas du pessimisme (au contraire je suis toujours très optimiste) c’est de la lucidité. Bien sûr, un beau miracle peut toujours arriver (du type de ce qui est arrivé à Olivier Bourdeaut ou Agnès Martin-Lugand). Je garde dans un coin de ma tête une fenêtre ouverte sur cette possibilité et même une partie de moi y croit, mais je dois rester clairvoyante.

Donc, le zen s’impose. Respirer, souffler. Là, c’est le moment de ressortir tout ce que j’ai appris dans mes cours d’Hatha Yoga. Zen, zen, zen…

2 commentaires sur “Alors voilà, il est arrivé…

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