L’auteur et les siens (en l’occurrence les miens !)

One bright color smiling pencil among bunch of gray sad pencils

Dans mon dernier post relatif à mon odyssée, j’ai évoqué succinctement les réactions de mon entourage suite à mon choix d’arrêter mon activité professionnelle pour écrire.

Je veux revenir brièvement sur ce sujet.

Il est clair que ma décision n’a pas fait l’unanimité. Tant s’en faut. Moi j’étais heureuse, contente de ce nouveau challenge, et surtout ravie à l’idée, qu’enfin, j’allais tenter de réaliser mon rêve. Je me disais que même si j’échouais, au moins je pourrai le moment venu, me retourner sur ma vie et me dire que j’aurai essayé. Mais mes proches ne l’ont pas vu du même œil et les commentaires désobligeants sont allés bon train : donc tu ne vas plus gagner de fric ? Et alors tu ne comptes plus travailler ? Mais à part ça, tu vas faire quoi de sérieux ? Tu as autant de chances de réussir que de devenir Miss France ! (cette dernière réflexion étant plutôt due à mon âge – 47 ans -, qu’à ma silhouette… quoique…)

Cela n’a pas été sans heurts mais c’est MA vie. Je n’en ai qu’une (là c’est un scoop !) et elle passe très, très vite. Avec le recul, je me rends compte que ces réactions étaient prévisibles. Certaines personnes sont incapables de se projeter dans d’autres mondes que le leur. Beaucoup rêvent petit et c’est tant mieux s’ils sont heureux comme ça. Ce n’est pas un défaut. Cela ne fait pas d’eux de mauvaises personnes ou des idiots. Chacun est différent. Il faut dire aussi que la société n’aide pas ceux qui créent. Prenons l’exemple de l’écriture. En France (je ne sais pas comment ça se passe dans les autres pays), quelqu’un qui écrit sans avoir publié, il est quoi ? Je veux dire, quel est son métier ? Il n’est pas écrivain, car être écrivain, ça se mérite. C’est un statut vénéré. N’est écrivain que celui qui a accouché d’au moins plusieurs livres. On ne peut pas dire romancier (pour les mêmes raisons même s’il me semble que ce mot soit moins porteur de sens). On peut à la rigueur dire auteur et encore. Voilà le véritable malheur. Le manque de mot. S’ajoute à cela le fait que si on travaille (écrire est un vrai métier, difficile de surcroît) sans gagner d’argent, alors on n’est rien. Ou pas grand-chose. Un peu comme une mère au foyer qui trime toute la journée mais qui n’a jamais aucune reconnaissance de quiconque. Invariablement, à cause de cette absence de mot, à la question, vous faites quoi dans la vie, celui qui écrit sans avoir publié répond : j’écris. Et là tout de suite, il passe pour le glandouilleur de service qui ne fiche rien de ses journées à part barbouiller quelques phrases sur du papier de temps à autre. Je remarque qu’en général, ce constat est valable pour tous les métiers artistiques. Un acteur peut-il dire qu’il est acteur s’il n’a joué dans aucun film ? Non. Il est obligé de dire : j’essaye de devenir acteur, ou je suis apprenti comédien… Et hop, encore un glandouilleur.

Bref, passons. En fait, ces réactions ne sont pas surprenantes. Quelques amis très proches m’ont soutenue, mais surtout, ce qui était le plus inattendu, c’est que des personnes dites du deuxième, voire troisième cercle, m’ont fortement encouragée ! Certaines personnes se sont même mobilisées autour de mon projet, et là, franchement, ça m’a fait du bien.

Je ne sais pas quel sera le résultat de mon odyssée. Mais je suis contente d’avoir écouté mon coeur. Pas ma raison. Pas les autres. Juste moi. La vie peut être si belle. Ça serait dommage de passer à côté.

2 commentaires sur “L’auteur et les siens (en l’occurrence les miens !)

  1. Jolie réflexion sur le métier d’écrivain.
    Tu as osé franchir le pas et, je trouve cela génial et en même temps très osé.
    La différence de réaction entre le premier cercle et les autres, plus éloigné, est compréhensible je trouve dans ce monde où l’argent est roi.
    J’imagine que la réaction de mon épouse serait identique. Comment va-t-on arriver à boucler les fins de mois, se payer des vacances? Des questions légitimes oui mais sans penser au bonheur de la personne, ni au fait, comme tu le dis justement, que nous n’avons qu’une seule vie.
    Je te souhaite en tous cas beaucoup de succès dans tes 2 vies. Celle d’écrivain, d’auteur publié. Et celle de femme.
    Bravo encore pour cet article et à bientôt
    Benoit

    • Bonjour Benoit. Je crois que les regrets peuvent avec le temps se transformer en aigreur, c’est aussi pour ça que j’ai fait ce choix, certes osé, mais je me suis dit qu’à long terme je risquais de reprocher aux autres tout ce que je n’aurai pas fait moi. Donc mon choix (qui peut je le conçois paraitre très égoïste pour certains) est aussi une manière de me protéger de l’amertume pour les années à venir (et comme l’amertume doit toujours se déverser sur quelqu’un… il m’a semblé que c’était aussi une façon de penser à mon entourage…)
      Merci Benoit pour ce gentil message et tes encouragements. À bientôt.

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