Naissance de mon premier roman

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Je conçois que cette histoire va peut-être vous paraître complètement dingue.

(Pour ceux qui n’ont pas lu le post précédent relatif à mon odyssée, je remets rapidement les choses dans leur contexte : en janvier 2015, j’ai pris la décision d’arrêter mon activité pro avec pour objectif de réaliser mon rêve. Devenir romancière et plus encore, vivre correctement de mes écrits).

Je dois d’ailleurs vous préciser que cette décision drastique n’a pas été motivée par de quelconques encouragements. Personne ne m’a dit « tu écris bien, vas-y fonce » ou « tes histoires sont géniales, fais en profiter tout le monde ! » Pas du tout.

C’est sans aucune idée de mon potentiel que je me suis lancée, ni même sans aucun cursus scolaire correspondant à mon aspiration. J’avais pour seul bagage une irrépressible envie de partager mes histoires avec vous, lecteurs. Alors il faut bien tenter sa chance à un moment donné non ? Il faut bien se confronter aux refus et aux critiques.

Jusqu’à ce moment-là (janvier 2015), j’avais beaucoup écrit (enfin il me semble). De nombreuses nouvelles et des textes introspectifs. Jamais de roman. Est-ce que déjà, j’allais être capable de mener à bout cette première étape ? Pas certain.

J’ai alors commencé la rédaction d’un roman dont l’idée me semblait bonne. Mais très vite je me suis rendu compte que je n’arrivais pas à écrire une histoire qui se déroule avec naturel. Impossible d’installer une cohérence entre les différentes scènes, de modeler les personnages. Chaque paragraphe me semblait un obstacle abominable à franchir. Une vraie galère.

Au bout d’une cinquantaine de pages écrites dans la plus grande douleur et sans plaisir, les doutes et les affres de la création me dévoraient. Quoi ? Je n’étais même pas capable de franchir cette première étape ? Pendant des mois, j’ai travaillé mon manuscrit comme une dingue. En essayant et réessayant. J’ai changé plusieurs fois de narrateur. J’ai modifié mon histoire. Rien à faire. Le stress a commencé à m’envahir mais je ne pouvais pas vraiment m’en ouvrir à mon entourage qui voyait d’un mauvais œil le fait que j’ai arrêté de « travailler » (comprenez gagner de l’argent) pour me lancer dans cette quête folle (cette question des réactions de l’entourage pourra d’ailleurs faire l’objet d’un autre post).

C’est alors qu’une chose incroyable est arrivée. La nuit du 21 mai. J’étais couchée et sur le point de m’endormir. Comme d’habitude, j’avais passé la journée et la soirée à essayer de parvenir à écrire ce fichu roman. Mon cerveau en était complètement empli. Soudain, alors que je sombrais dans le sommeil, une autre histoire m’est venue à l’esprit. Une histoire qui n’avait rien à voir avec celle que j’étais en train d’écrire. Une histoire plus intéressante, plus haletante. Les images défilaient dans ma tête comme au cinéma. Les scènes s’affichaient sous mes yeux, elles se jouaient indépendamment de moi. C’était incroyable. Je tenais une histoire de bout en bout. Je tenais les personnages, les décors, l’intrigue. Tout.

 Je ne dormais pas. J’étais juste à ce point de conscience où l’on est encore lucide. Où l’on se tient à la frontière entre le rêve et la réalité.

Près de ma table de nuit, j’avais un grand cahier et des stylos mais je ne pouvais pas écrire à ce moment-là. Ni bouger. J’étais dans une sorte d’état comateux. Je me souviens avoir formulé dans ma tête : « pourvu que je m’en souvienne ». Puis j’ai sombré.

Je tiens à préciser que je suis une femme a priori équilibrée et que je ne consomme pas de drogues.

Le lendemain matin, tout était encore présent à mon esprit. Je me suis jetée sur mon cahier et j’ai écrit douze pages rectos versos sans lever mon stylo. J’écrivais si vite que je m’en suis fait mal à la main. J’avais peur que quelque chose ne m’échappe.

Ce matin-là, j’ai alors commencé la rédaction de ce nouveau roman.

J’ai travaillé comme une bête de somme. Tous les jours sans interruption. Je commençais à écrire vers 8h30. Pause à midi pour déjeuner et emmener mes chiens vider leurs vessies. Reprise vers 13h30. Arrêt de 18h à 21h pour gérer les contingences quotidiennes puis reprise vers 21h pour une heure ou plus selon ma fatigue. Même rythme les week-ends. En fait, j’aurai bien fait des pauses. Certains dimanches j’aurai bien lâché mon écriture, mais je ne le pouvais pas. J’avais peur que l’histoire s’envole, que les personnages me quittent. Bien sûr j’ai rencontré des difficultés. Parvenue vers la soixantième page, j’ai dû tout recommencer. (Je me suis rendu compte que ma narration ne permettrait pas au lecteur de saisir tous les enjeux de l’intrigue). Mais ce n’était pas grave. Colette (mon héroïne) était en moi. Elle m’habitait complètement. Je pensais Colette, je vivais Colette. J’étais elle.

J’ai fini d’écrire le 30 septembre. Pas tout à fait 4 mois et demi après avoir commencé. Je me sentais vidée. Complètement épuisée. Comme après un accouchement. Et triste aussi. Triste de quitter Colette.

Et puis, je n’étais pas vraiment dans une forme olympique. Quatre mois que je n’avais plus fait de sport et que j’avais mangé un peu n’importe quoi (plats préparés industriels pour gagner du temps). Et le pire : quatre mois que je n’avais pas lu. Pendant tout le temps de ma rédaction, je n’ai pas lu par peur d’être influencée, par peur de perdre Colette dans les mots des autres. Ça, c’était dur.

Pendant les deux mois qui ont suivi, j’ai laissé mon texte reposer. J’ai fait un effort sur moi-même pour me détacher des personnages afin de pouvoir reprendre le texte de manière plus froide et moins impliquée. Quand je l’ai finalement repris, j’ai tout réécrit. Je n’ai pas touché à l’histoire mais j’ai retravaillé les phrases et les mots. J’ai fait ça tranquillement, en prenant le temps. Cela m’a pris environ 2 mois. Fin janvier, j’avais terminé. Tout cela avait mis neuf mois.

Voilà.

Aujourd’hui j’attends les réponses des maisons d’édition. J’en ai déjà reçu quelques-unes. Toutes négatives. Ce n’est pas grave. Je n’ai besoin que d’un seul éditeur. Je crois beaucoup en mon histoire (à quoi bon faire les choses si on n’y croit pas ?) Je suis même certaine que ça pourrait faire un super bon film ou alors une série (avec des saisons !)

J’espère avoir réussi à susciter l’envie de tourner la page.

À suivre…

4 commentaires sur “Naissance de mon premier roman

  1. L’éducatrice de mon fils insiste régulièrement afin que j’écrive un livre relatant cette vie qu’est la mienne , oui lui ais-je dit , mais il va me falloir des années . Un jour , je m’y mettrais , c’est sûr. Tes histoires me plaisent , le petit Marcel avec sa grand-mère , cet allemand qui leur ramène ce père et fils , c’est plein de tendresse

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