Le syndrome E ou comment Franck Thilliez a failli me tuer

syndrome e

J’aime Agatha Christie, Charles Exbrayat, et puis pour les polars ça s’arrête là. L’hémoglobine, les tueurs en série, les thrillers… pas vraiment mon truc. Alors comment j’en suis arrivée à dévorer Le syndrome E ?

Je surfais sur le net… autant l’avouer tout de suite, je lis certains livres sur une liseuse. Ma préférence reste tout de même aux librairies et aux libraires mais il faut reconnaître qu’une liseuse c’est bien pratique pour éviter de voyager avec une valise de livres. Donc, je surfais pour voir les dernières nouveautés littéraires et je vois Le syndrome E en vente pour 0 Euros ! Il y avait 44 pages. J’ai pensé que c’était une nouvelle (parfois je suis complètement à la ramasse !) Le nom de Franck Thilliez ne m’était pas inconnu, c’était une belle opportunité de faire connaissance avec cet auteur. Donc je télécharge le texte et je l’oublie au fin fond de ma bibliothèque numérique…

Et puis il y a quelques jours, direction le Salon du livre de Paris (rebaptisé on ne sait pourquoi Livre Paris). Long trajet dans les transports en commun, et pas envie de me trimballer le gros volume en cours de lecture. J’emporte donc ma liseuse. Assise dans le wagon, je cherche un texte court pour pouvoir le finir dans la journée et retrouver mon gros volume le soir (et encore pas sûr car je lis très lentement). Le syndrome E me tombe sous les yeux. J’attaque la lecture des premières pages et c’est parti pour une bonne quinzaine de stations. D’emblée, je suis séduite par le style et la clarté du propos. Une forte tension se met en place dès les premières pages. Je suis happée. Impossible de décoller le nez de ma lecture. Assez rapidement, les personnages se multiplient et là, je suis de plus en plus piquée par la curiosité. Comment Thilliez va-t-il réussir à terminer un tel récit en 44 pages ? (je suis toujours autant à la ramasse). Pensive, je relève la tête quelques secondes (comme si j’allais trouver la réponse à cette question en regardant par la fenêtre) et là je m’aperçois que le train est arrêté à MA station.  Punaise ! Je crie en me levant. Tous les passagers à côté de moi sursautent. Je bafouille pardon, pardon… Oh là, là… pardon, en me faufilant vers la sortie. Mes deux sacs, ma bouteille d’eau, mes lunettes, ma liseuse… je suis chargée comme un baudet et évidemment le wagon est bondé. Je bouscule tout le monde. J’entends des soupirs désapprobateurs. Un homme lance « peut pas se réveiller avant ! ». Je continue ma course folle. Pardon, pardon, excusez-moi. La sonnerie de fermeture des portes retentit. Ah non, pitié ! Attendez ! Attendez, je crie (injonctions complètement inutiles quand on sait où se trouve le poste du conducteur). Enfin je parviens à la sortie. En un bond désespéré, telle la gazelle tentant d’échapper à la lionne affamée, je saute sur le quai. Les portes se referment juste derrière moi. Je n’ai pas le temps de dire ouf. Subitement, je me sens aspirée, comme agrippée par l’arrière. Un pan de ma jupe est resté coincé, avalé par les portes ! Le train démarre. Je me retrouve obligée de faire des pas chassés. De marcher en crabe de plus en plus vite. En une fraction de seconde, je me visualise traînée sur le bitume, les jambes broyées entre le quai et le train, suppliciée, écorchée, et je ressens par tous les pores de ma peau le coup fatal : mon corps s’écrabouillant contre le mur en bout de quai et mon crâne explosé, projetant des bouts de cervelle partout. Une peur panique me submerge et je hurle : Au secours ! Aidez-moi ! J’ai le temps de voir une femme debout sur le quai, l’air horrifié, porter les mains à sa bouche. Et puis là… la délivrance. Le tissu de ma jupe se déchire. Cette libération salvatrice me propulse violemment sur le ventre, menton et bras en avant sur le bitume du quai. La vache ! Je reste là quelques secondes. Étalée par terre, je bouge la tête en gémissant. Sonnée. Le train est parti. Le quai n’est pas bondé, mais il y a suffisamment de monde quand même, pour qu’un cercle vide de gens se dessine autour de moi. Une grande Black s’avance : ça va Madame ? Oui je crois. Je me relève péniblement. Le moins que l’on puisse dire, c’est que personne ne se bouscule pour m’aider à me relever. À ce moment, je suis davantage une bête curieuse qu’une femme qui a failli y passer. Un homme me laisse sa place assise à côté d’un distributeur de confiseries. Je comptabilise les dégâts. Menton écorché.  Genoux et coudes en sang. Une grosse douleur dans le pouce droit mais visiblement rien de cassé. Les dents et la langue sont sauves.Mes collants sont complètement lacérés. C’est clair et net, je dois rebrousser chemin. Je ne peux pas aller à la rencontre des éditeurs du Salon du livre dans cet état. Une dame assez âgée me rapporte mes affaires éparpillées sur le quai. Mes lunettes (aux verres soi-disant incassables) sont brisées. En revanche, ma liseuse n’a pas de problème apparent. Je la remercie, et, désireuse de me soustraire aux regards inquisiteurs, les jambes tremblantes, je change de voie pour rebrousser chemin.

Dans le train de retour, il me faut plusieurs stations pour retrouver un semblant d’accalmie intérieure. Je l’ai échappé belle ! Au bout d’un moment, je décide de contrôler l’état de ma liseuse. Rien. Aucune casse à déplorer. L’écran s’allume sur une page que je découvre pour la première fois. Le syndrome E. Cet extrait vous a plu ? Commandez le livre !

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